Lire un poinçon : titre du métal et poinçon de maître

Retourner un bijou et déchiffrer les minuscules empreintes frappées à l’intérieur : c’est le premier réflexe du joaillier. Ces poinçons disent le métal, son titre et qui l’a fabriqué. Voici comment les lire.
Deux poinçons, deux rôles
En France, un ouvrage en métal précieux porte en principe deux marques distinctes. Le poinçon de titre (ou de garantie) atteste la teneur en métal fin : c’est une marque officielle. Le poinçon de maître identifie le fabricant ou le responsable de la mise sur le marché ; il a la forme d’un losange contenant des initiales et un symbole propre à l’atelier, et il est enregistré auprès de l’administration.
Lire le titre
Le titre s’exprime en millièmes de métal fin. Pour l’or, 750/1000 correspond à 18 carats (75 % d’or fin) ; on rencontre aussi 585/1000 pour le 14 carats et 375/1000 pour le 9 carats. Pour l’argent, le titre courant est 925/1000, soit 92,5 % d’argent fin. Le platine se rencontre le plus souvent en 950/1000. Beaucoup de pièces modernes portent simplement le nombre — 750, 925, 950 — frappé en toutes lettres.
Ce qu’un poinçon ne dit pas
Un poinçon renseigne sur le métal, pas sur les pierres, ni sur la valeur, ni sur l’âge exact de la pièce. Une bague peut être en or 750 parfaitement poinçonné et sertie d’une pierre synthétique. De même, un bijou sans poinçon n’est pas nécessairement faux : les très petites pièces, les fabrications étrangères anciennes ou les objets repolis à l’excès peuvent en être dépourvus.
En cas de doute
Le poinçon se lit à la loupe, sur la ceinture d’un anneau, sur la bélière d’un pendentif ou près du fermoir d’une chaîne. S’il est illisible ou absent, seul un essai du métal tranche. Nous procédons à cette vérification à l’atelier avant toute intervention, et nous vous disons ce que nous trouvons, y compris quand cela ne correspond pas à ce qui était annoncé.
